
L’origine des Indo-Européens est sans doute nordique, polaire ou circumpolaire pour être exact.
Bal Gangadhar Tilak, un Hindou contemporain de Gandhi, a établi dans son remarquable « Origine polaire de la tradition védique » que les Vedas (hymnes sanscrits vieux de milliers d’années) décrivent des phénomènes qui ne se produisent qu’au pôle nord :
- L’année divisée en une seule longue nuit et un seul long jour de plusieurs mois, « le jour et la nuit des dieux », avec une seule longue aube et un seul long crépuscule
- La rotation de la voute céleste dans le sens horizontal autour de l’étoile polaire au zénith, le dôme céleste étant « semblable à la roue d’un char montée sur un axe », sans lever ni coucher des étoiles.
- Le lever du soleil au sud
- La rotation du soleil dans le sens horizontal sans passer en dessous de l’horizon, le soleil ayant « dételé son char pendant un certain temps au milieu du ciel »
- Les aurores boréales illuminant la « longue nuit »
Une année polaire peut se diviser ainsi :
- 47 jours d’aube
- 194 jours de soleil
- 48 jours de crépuscule.
- 76 jours d’obscurité
« Au pôle Nord, le Soleil est en permanence au-dessus de l’horizon pendant les mois d’été et de façon permanente au-dessous de l’horizon pendant les mois d’hiver. Le lever du soleil a lieu juste avant l’équinoxe de printemps. Le Soleil prend ensuite trois mois pour atteindre son point culminant, soit environ 23,4368° d’élévation, au solstice d’été. Ensuite, il commence à redescendre pour atteindre le coucher du soleil juste après l’équinoxe d’automne.
Quand le Soleil est visible dans le ciel polaire, il semble se déplacer dans un cercle au-dessus de l’horizon. » Wikipedia
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Une aube de 47 jours
L’aube est décrite par le Rig-Véda comme « tournant telle une roue ».
Voici un bref aperçu de la façon dont pourrait être vécue une longue aube, après plus de deux mois d’obscurité, par un habitant du pôle.
« Tout d’abord apparaît à l’horizon du ciel nocturne une lueur à peine perceptible. Au début, elle fait seulement pâlir quelques étoiles mais peu après on la voit grandir et se déplacer latéralement le long de l’horizon encore obscur.
Vingt-quatre heures plus tard, elle a accompli un cercle complet autour de l’observateur et fait pâlir quelques étoiles de plus. Bientôt la lueur grandissante luit comme une perle d’Orient. Elle continue son mouvement circulaire jusqu’à ce que sa couleur blanche tourne au rouge flamboyant bordé de pourpre et d’or.
Jour après jour, ce splendide spectacle continue à tourner et, suivant les conditions atmosphériques, il passe successivement par des phases d’embrasement et d’affaiblissement, mais ne s’affaiblit que pour s’embraser ensuite avec plus d’ardeur, tandis que le soleil, toujours caché, se rapproche de son point d’émergence.
Enfin, lorsqu’après deux longs mois, ce spectacle prophétique a rempli les cieux de splendeurs toujours plus éclatantes, le soleil commence à émerger de sa longue retraite et à se révéler, une fois de plus, aux yeux de l’homme.
Après un ou deux tours, sa frange supérieur croît jusqu’à ce que se forme le disque complet, éblouissant, qui brille au-dessus de l’horizon, et pendant six mois entier il tournera, toujours visible, autour du grand axe du monde, sans jamais laisser tomber la nuit sur son pays d’élection, le Pôle.
Même lorsqu’à la fin il redescend vers l’horizon, il cache sa retraite par une répétition de splendeurs tantôt intenses, tantôt pâlissantes, au cours de son long coucher, comme si, par ces pulsations de lumière de plus en plus lointaine, il rappelait au monde qu’il a abandonné les promesses et les prophéties d’un prochain retour »
Paradise found, Dr Warren

Ceci explique sans doute pourquoi les Indo-Européens insistaient tellement sur la « splendeur de l’aube » avec une ferveur qui étonne celui qui ne connait que les aubes courtes et journalières de nos latitudes.
Hindous, Perses, Celtes, Grecs…
Le mont Meru des Hindous est sans doute le pôle nord, le sommet du monde, son axe. Le Mahabharata en donne une claire description : « Au Meru le soleil et la lune vont en cercle, de gauche à droite tout le jour et les étoiles font de même… Par sa splendeur, le mont surpasse l’obscurité de la nuit à tel point que celle-ci se distingue difficilement du jour (aurores boréales ?). Le jour et la nuit sont ensemble égaux à un an pour les résidents de ce lieu »
D’après les écrits des Parsis, l’Airyana-Vaejo ou foyer originel des Iraniens fut un séjour « rendu inhabitable par le froid ». Dans ce pays, le soleil se levait et se couchait une fois l’an. La longue durée de l’aurore est confirmée par des milliers de vers qui divisent l’aube en trois phases bien nettes : l’aurore qui va se lever, celle qui se lève et celle qui s’est levée. Ces distinctions ne sauraient être faites sous le ciel de l’Iran où le jour et la nuit se succèdent presque sans transition. Une longue aurore de 30 jours est d’ailleurs expressément citée.
Outre chez les Hindous et les Perses, on trouve les traces du calendrier arctique et les indices d’une origine nordique dans les mythologies des peuples celtes, slaves, grecs et romains. On y retrouve des allusions plus ou moins claires à de longues ou nombreuses aubes, de longs jours, de longues nuits, de sombres hivers, bien qu’aucune de ces légendes ne se réfère directement à une contrée bien définie ni à la cause de sa destruction.
D’autres mythes évoquent le combat que livrent les dieux solaires aux puissances du mal et des ténèbres liées à la longue nuit et s’accordent sur la nature annuelle de ce combat et non quotidienne. Aussi, une division de l’année en deux parts bien distinctes est récurrentes dans les calendriers des Celtes, des Grec et des Romains.
Les Grecs parlaient d’ailleurs de « l’Hyperborée », continent mythique situé au nord qui représentait pour les Grecs une sorte de paradis lointain et mal défini, le séjour des Bienheureux. Les Grecs pré-Homériques avaient, en effet, conservé la tradition très vivace de cette « Terre du Soleil Eternel », où leur Apollon se rendait annuellement, pays où il ne se couchait jamais pendant la moitié de l’année.
D’ailleurs, selon Anton Kirchenbauer, dans l’Iliade et l’Odyssée, Homère fait référence à deux sortes de jours, l’un d’une durée d’un an, lorsqu’il décrit la vie et les exploits des dieux, et l’autre de 24 heures.
La dernière glaciation : un climat doux dans le nord de la Sibérie
Tilak fait remarquer que les preuves de l’existence de la glaciation proviennent du nord de l’Europe et de l’Amérique, mais qu’aucune preuve de glaciation n’a encore été découverte dans certaines parties de l’extrême nord de la Sibérie et de l’Alaska.
Au contraire, ces régions connurent apparemment un climat doux et clément, à une époque, si l’on en croit la fraîcheur des vestiges fossiles, ne pouvant être antérieure à quelques millénaires avant notre ère. En pleine période glacière donc !
Ce fait étonnant a récemment été confirmé par des découvertes scientifiques. Certaines parties de la Sibérie, du Canada et de l’Alaska sont en effet restées libres de glace. On a retrouvé les traces d’une végétation luxuriante et d’une faune étonnamment diversifiée, laquelle a prospéré en pleine glaciation, dans la péninsule de Taïmyr et dans la région de Chukotka.

Le cataclysme du Dryas récent : des mammouths congelés sur place en quelques minutes
En Sibérie, les mammouths retrouvés en parfait état de conservation, avec encore des plantes non digérées dans la bouche et l’estomac, sont la preuve d’un changement climatique quasi inconcevable au vu de sa soudaineté et sa violence : ces mammouths ont littéralement été congelés sur place et n’ont pas eu le temps de se décomposer. Même les restes de plantes contenu dans leur système digestif n’ont pas eu le temps de se composter !
La fin de la dernière période glacière, le Dryas récent qui s’étend 10 900 à 9700 av. J-C, coïncida ainsi avec un changement brutal de climat, l’extinction de la mégafaune du Pléistocène et de gigantesques incendies de forêts.
Comme l’explique cet excellent article : « Si actuellement la Sibérie est l’une des régions les plus froides du globe, cela n’a pas toujours été le cas. Le climat semble avoir changé radicalement à la fin de la dernière période glaciaire. Pourtant, on sait que le climat a dû être tempéré grâce aux fossiles de plantes et d’animaux comme la hyène des cavernes, très proche de la hyène tachetée actuelle, ou le lion des cavernes qui ont côtoyé les mammouths. »
« On peut d’autant plus s’interroger que certains scientifiques ont fait remarquer que pour que de telles masses de glaces se forment à la surface du globe, il a fallu une augmentation considérable des précipitations. Cela implique donc une augmentation de vapeur d’eau dans l’atmosphère.
On peut donc en déduire qu’il a fallu également une évaporation accrue à la surface des océans. Pour qu’une telle évaporation se produise, il faut une augmentation de la chaleur.
La question est : quels phénomènes auraient pu provoquer cette évaporation et la congélation qui la suivit immédiatement ? »
Une météorite ?

Certains scientifiques pensent que l’impact d’une météorite est à l’origine du cataclysme du Dryas III. En 2018 fut découvert sous la glacier Hiawatha, dans le nord du Groenland, un immense cratère.
Selon Wikipédia : « Le cratère d’environ 13.000 ans (11 000 av. J-C) fait 31 km de diamètre pour une profondeur estimée à 300 m. Selon les estimations, la météorite à l’origine du cratère pesait 12 milliards de tonnes et faisant 1,2 km de diamètre. L’impact a dissipé une énergie équivalente à celle de 47 millions de fois la bombe d’Hiroshima.
Les chercheurs s’interrogent sur le lien qui pourrait exister entre la chute de cette météorite et la période dite du Dryas récent, âge marqué par une baisse des températures dans l’hémisphère Nord, la disparition de plusieurs espèces marquantes de la mégafaune et la fin de la culture Clovis en Amérique du Nord. »
La glaciation brutale décrite par l’Avesta des anciens perses
Quoi qu’il en soit, ce changement brutal de climat est décrit par l’Avesta des anciens Iraniens :
« Le premier et le meilleur des pays, l’Airyana Vaêjo, fut de bonne capacité ; pour s’y opposer, Angra Mainyu créa un puissant serpent et la neige, oeuvre des Daêvas. Alors il y eut dix mois d’hiver et deux mois d’été. »
Il est mentionné qu’avant, dans l’Airyana Vaêjo, le paradis originel des Perses, il y avait sept mois d’été et cinq mois d’hiver. Ce passage indique donc un changement soudain qui transforma cette terre au climat idéal en une régions prise par les glaces durant des hivers longs et rigoureux.
L’Avesta nous dit également que ce changement avait été prophétisé par Ahura Mazda :
« Et Ahura Mazda dit à Yima : « Beau Yima, fils de Vîvanghat ! Voici que sur le monde matériel vont fondre les hivers de malheur, apportant le froid dur et destructeur ; voici que sur le monde matériel vont fondre les hivers de malheur, qui feront tomber la neige à gros flocons, à l’épaisseur d’une aredvî, sur les montagnes les plus hautes »
Vendidad, Fargard II
D’autres passages du Vendidad de l’Avesta indiquent que le soleil, la lune et les étoiles « ne se levaient qu’une fois par an » et que « une année ne semblait former qu’un seul jour », caractéristiques propres au pôle nord.
Selon Tilak, la destruction du pays arctique daterait de 10 000 à 8000 avant Jésus-Christ, et l’émigration des survivants se serait étalée entre -8000 et -5000.
Il est intéressant de mentionner que, selon les chercheurs modernes, le foyer de dispersion probable des Indo-Européens est la steppe pontique (culture Yamna). La culture Yamna (3600 av. J-C) est notamment à l’origine de composante génétique « ancien nord-eurasien », composante génétique héritée de la culture plus ancienne de Malta-Buret (22 000 à 13 000 av. J-C, Sibérie.)
Vraisemblablement, les boréens se seraient donc dirigés vers le sud depuis la Sibérie jusqu’aux steppes pontiques, endroit depuis lequel ils auraient colonisé l’Europe et l’Asie du sud.
La « Terre du Sanglier », les Celtes et l’Atlantide

Cette terre polaire sacrée était appelée « Terre du sanglier ». Le sanglier a une importance toute particulière chez les hindous et les druides se désignaient eux-mêmes comme des sangliers. La racine « var » pour le nom du sanglier (verrat en français, varâha en sanscrit) se retrouve dans les langues nordiques sous la forme de « bor » (de là l’anglais boar et l’allemand eber), Borée étant le véritable nom de l’Hyperborée, « Hyper » ne s’appliquant qu’au point de vue des Grecs.
Le sanglier représentait anciennement la constellation qui, plus tard, est devenue la Grande Ourse, Grande Ourse faisant sa révolution autour de l’étoile polaire, ceci étant symbolisé par la très ancienne svastika, devenue symbole de l’étoile polaire elle-même, « le siège effectif du Soleil central caché de l’Univers ». La svastika est en fait un des symboles les plus anciens du monde. On la retrouve chez tous les peuples indo-européens.

Selon René Guénon, le sanglier représentait l’autorité spirituelle et l’ours l’autorité temporelle, donc, respectivement, à la caste des druides et des chevaliers.
Borée serait le siège de la Tradition primordiale, et les traditions antérieures y trouveraient leur source. Et la tradition celtique serait un des « points de jonction » de la tradition atlante avec la tradition boréenne.
Guénon mentionne le mythe du sanglier Calydon, chassé et tué par Atalante. Il verrait là une évocation voilée de la suprématie qu’avait prise les Atlantes sur les Boréens.
Voici ce que nous pouvons dire quant au rôle respectif des deux courants qui contribuèrent à former la tradition celtique. Les druides (dru-vid « force-sagesse », ces deux termes étant symbolisés par le chêne et le gui) étaient les véritables héritiers de la tradition primordiale et le symbole boréen du sanglier leur appartenait en propre. Quant à la caste guerrière, ayant pour symbole l’ours (ou l’ourse Atalante), ils se rattachaient plus spécialement à la tradition atlante.



