Le Christianisme en tant qu’idéal supérieur

De la nécessité d’un idéal surnaturel

L’homme a besoin d’un idéal supérieur et surnaturel pour le tirer vers le haut et l’aider à dépasser sa condition. En absence de cet idéal, l’homme se laisse aller, devient l’acteur de sa propre déchéance et de son propre malheur.

Le Christianisme ne met pas la finalité de l’existence en ce monde, mais dans la vie après la mort. Le Christ disait : « Mon royaume n’est pas de ce monde ».

Le Christianisme reconnaît la souffrance universelle inhérente à la vie sur terre et nous invite à porter notre croix avec courage et espérance, tout en nous exhortant à vivre saintement, à développer les facultés supérieures de notre âme et de notre esprit.

Car dans la culture de nos facultés supérieures réside la source des joies les plus solides et les plus durables en cette vie terrestre, et que mener une vie méritante permet d’accéder au véritable bonheur après la mort.

On ne trouve pas le bonheur dans les plaisirs

Chercher le bonheur dans les plaisirs liés à nos fonctions inférieures et animales est une erreur. Il n’y a pas de joie véritable dans le plaisir, et la recherche des plaisirs est un obstacle majeur à la véritable félicité, dans la mesure où un plaisir assouvi appelle incessamment un nouveau plaisir, et finalement une infinité de plaisirs qui s’avèrent ultimement insatisfaisants.

La recherche vaine du plaisir fait de nous des esclaves, nous affaiblit, nous enlaidit et nous bride, alors que toute âme aspire à la liberté, à la force, à la beauté et à la félicité. Le Christ nous indique qu’il est légitime d’aspirer au bonheur, mais qu’on ne le trouve nullement dans les plaisirs inférieurs.

De la même manière, la recherche de puissance, de richesse et de célébrité est ultimement insatisfaisante. Une fois atteints, ces objectifs révèlent leur néant et leur vanité. La suprême sagesse est de tendre au royaume spirituel en se considérant comme en exil sur terre et en ne s’attachant point aux choses de ce monde, car l’œil n’est pas rassasié de ce qu’il voit, ni l’oreille remplie de ce qu’elle entend.

Du détachement de soi-même par la dévotion

Le Christ nous invite à nous détacher de nous-mêmes et de nos actes, de nous en remettre à Lui, aux forces supérieures et spirituelles qui nous assistent et nous tirent vers le haut. L’esprit moderne cherche à déifier l’homme et refuse de reconnaître tout principe supérieur et inaccessible à la raison.

Ainsi, dans son orgueil, l’homme fait de lui son propre dieu, s’en remet à son propre jugement et se montre indulgent vis-à-vis de ses faiblesses. Il refuse l’aide du Ciel, car, dans son aveuglement, il estime n’en avoir pas besoin. Ceci est une grave erreur. Toute personne qui entreprend une honnête introspection ne pourra nier les mauvais penchants de sa nature et son extrême faiblesse à persévérer dans le bien. Aussi l’homme a-t-il besoin de l’aide du Ciel pour fortifier sa volonté, éclairer son jugement et se libérer de ses chaînes.

Mais il ne le fait pas. Il ne veut pas prier et se prive ainsi d’une grande source de sérénité, de santé et de paix, mais aussi d’une aide précieuse qui peut se manifester d’une multitude de manières dans tous les aspects de son existence. La dévotion est d’une puissance inconcevable.

Étymologiquement parlant, le vice sous-entend un laisser-aller, tandis que la vertu sous-entend un effort. La dévotion véritable nous permet de soutenir notre effort à tendre au Vrai, au Bon, au Beau, et rend notre croix aussi légère que possible. Par la prière sincère, par la culture de notre vie intérieure, la vie extérieure devient facile, les obstacles sont surmontés, les désirs légitimes sont exaucés.

« Cherchez le royaume de Dieu et tout vous sera donné par surcroît. » Matt., VI, 33 ;

« Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira. Ou quel est l’homme d’entre vous à qui son fils demanderait du pain et qui lui remettrait une pierre ? Ou encore, s’il demandait un poisson, lui remettrait-il un serpent ? Si donc vous, mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans le cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui les lui demandent ! » Matt., VII, 7.

La véritable charité découle de l’amour de Dieu et de l’humilité

Si le Christ nous invite nous détacher de nous-même, à abandonner ce fardeau pesant qu’est l’amour-propre, c’est aussi pour améliorer nos rapports avec les autres. L’amour que l’on porte à soi-même n’est pas nécessaire, il est même nuisible en tant qu’obstacle à l’amour de Dieu. L’amour que l’on porte à Dieu est salutaire et nous donne la force d’aimer notre prochain sans se rechercher soi-même.

La véritable connaissance de nous-même nous pousse à l’humilité, et l’humilité est la nourrice et gouvernante de la charité. Les rapports humains ont ainsi besoin d’être élevés par un principe supérieur afin d’être féconds et bénéfiques. Sans l’amour de Dieu et le détachement de soi-même, il ne peut y avoir de charité véritable.

Il est malvenu de faire reposer toute son espérance sur le prochain

Quand vous êtes heureux, riche, en bonne santé et de bonne humeur, vous voilà bien entouré, personne ne vous abandonne. Si vous tombez malade, que vous souffrez, que vous perdez vos biens, que vous êtes triste, qui restera auprès de vous ? L’amour-propre des hommes fait qu’ils recherchent les relations en fonction de ce que ces dernières peuvent leur apporter. Les relations amicales et amoureuses sont une recherche de soi-même.

Qui dans ce cas vous aime d’un amour véritablement désintéressé ? Vos parents, parfois. Mais l’amour humain est bien fragile. Remettez-vous en à Jésus et à Marie avec confiance, ils vont le rendront au centuple. Ils ne sont pas des personnages historiques lointains ou des concepts abstraits. Ils sont plus proches de nous que nous sommes proches de nos parents. Ils vous connaissent et vous aiment, et ne demandent qu’à ce que vous fassiez un pas vers eux. Adressez-vous à eux d’un cœur simple et sincère, vous serez entendu, accueilli et soutenu au-delà de vos espérances.

Dans les consolations humaines on pense trouver la paix et le contentement, mais trop souvent on ne trouve que fatigue, dissipation, querelles et malentendus. Chercher d’abord la consolation auprès du Seigneur, en soi, c’est étancher sa soif de consolations humaines tout en s’assurant les meilleures dispositions pour avoir des rapports sains et harmonieux avec les autres.  

De la nécessité d’un idéal de perfection

L’idéal proposé par le Christ est un idéal héroïque de perfection qui peut sembler à priori inaccessible. Mais il est justement nécessaire qu’un idéal soit sublime, sinon ce ne serait pas un idéal digne d’être suivi. Comme le disait Léon Tolstoï dans sa postface à La sonate à Kreutzer :

« L’idéal chrétien est dans l’amour de Dieu et du prochain, dans le renoncement à soi afin de servir soi et le prochain. (…) C’est une erreur de croire que l’idéal de l’infinie perfection ne puisse servir de viatique et qu’il faille ou bien y renoncer, sous prétexte qu’il est inutile puisque inaccessible, ou bien le ravaler à l’échelon où notre faiblesse préfère demeurer.

Celui qui raisonne ainsi ressemble au navigateur qui, s’apercevant qu’il ne peut suivre la route indiquée par la boussole, jetterait cette boussole par-dessus bord ou cesserait de la consulter, c’est-à-dire : renoncer à l’idéal ou arrêter l’aiguille de la boussole sur la direction prise à un moment donné par le navire, ce qui équivaut au rabaissement de l’idéal au niveau de la faiblesse humaine.

L’idéal de perfection donné par le Christ n’est pas une chimère, ni un sujet pour sermon de rhétorique, mais un code de vie spirituelle, nécessaire et accessible, comme la boussole est nécessaire et accessible au navigateur ; seulement, il faut y croire, dans l’un comme dans l’autre cas.

Quelle que soit la situation où se trouve l’être humain, l’enseignement du Christ suffit toujours pour lui donner des indications précises sur ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Mais il faut croire en cet enseignement, et en lui seul, il faut cesser de suivre toute autre doctrine, de même que le navigateur doit avoir foi en sa boussole et ne pas essayer de s’orienter d’après ce qu’il voit autour de lui.

On doit savoir se diriger selon une doctrine chrétienne comme il faut savoir se servir d’une boussole. Et, pour cela, l’essentiel est de comprendre notre véritable situation, ne pas redouter de mesurer avec précision le moindre écart de la route assignée par l’idéal, car il n’est pas de situation où l’on puisse croire l’idéal atteint, où l’on ne puisse aspirer à s’en rapprocher davantage. »

« L’idéal est lointain… mais celui qui ne l’atteindra pas s’en sortira bien pour s’être efforcé de l’atteindre »

La nature anti-chrétienne des doctrines modernes

Le socialisme, la laïcité, l’esprit moderne en général, doctrines matérialiste et naturaliste, prétendent que la finalité de l’existence se trouve sur terre. Ils voudraient ainsi faire de la terre un paradis et en font un enfer.

Livres

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *